Histoire de l'église
Précis d'histoire de l'Eglise
(Urs
Küry, Editions catholiques-chrétiennes,
1968)
Fichier pdf entier - lire ici (62,6
Mo)
Extraits choisis en fichiers pdf :
- Table des matières - lire
ici (0.6 Mo)
- Introduction - lire ici (1 Mo)
- La constitution de l'Eglise ancienne - lire
ici (3.7 Mo)
- La papauté - lire ici (2 Mo)
- Papauté et Eglises séparées de Rome - lire
ici (14
Mo)
- Les mouvements de résistance intérieurs au catholicisme -
lire ici (17,7 Mo)
- Le concile du Vatican de 1869/70 - lire
ici (2,6 Mo)
- La Résistance vieille-catholique contre les décisions du
1er concile - lire ici (6 Mo)
- L'église catholique-chrétienne en Suisse - lire
ici (5,4
Mo)
- Les bases communes - lire ici (11,6
Mo)
- Conclusion - lire ici (1,4 Mo)
- Petit tableau synoptique doctrinal - lire
ici (6,5 Mo)
- Postface - lire ici (2,1 Mo)
Histoire de l'église dans les différents
cantons romands
Genève
Neuchâtel
Histoire de l'église catholique chrétienne en quelques
mots
Catholique-chrétien ou vieux-catholique?
Les deux désignations "catholique-chrétienne" en
Suisse et "vieille-catholique" dans d'autres pays désignent
des Eglises catholiques autonomes, qui forment entre elles une communion
ecclésiale : L'Union d'Utrecht. Ces Eglises sont catholiques par
leur foi et leur liturgie ainsi que par leur constitution épiscopale
et synodale. Leurs appellations révèlent leur conception
de l'Eglise : "catholique-chrétienne " dans la mesure
où c'est le Christ qui doit être la tête de l'Eglise
; "vieille-catholique" parce que l'Eglise ancienne du 1er
millénaire est la référence pour les réformes
de l'Eglise, le rétablissement de l'unité entre les chrétiens
et le renouvellement spirituel. L'Eglise ancienne sert ainsi de modèle
par rapport aux évolutions ultérieures dans la mesure où elle
n'était pas encore divisée en Eglises confessionnelles
divergentes et n'est pas dirigée par un centre unique qui aspire à prendre
toutes les décisions.
Origines et Réformes
En 1870, le 1er concile du Vatican a proclamé, après
de larges controverses, deux dogmes qui sont devenus ainsi une obligation
pour la foi des croyants :
- Le pape dispose comme le chef suprême de l'Eglise du plein
pouvoir sur toute l'Eglise (juridiction universelle du pape).
- Les décisions du pape sont infaillibles, s'il se prononce en
tant que pasteur suprême et enseignant, dans les questions de foi
et de mœurs (magistère infaillible du pape)
Ces décisions sont l'aboutissement d'une évolution au
sein de l'Eglise catholique qui dans le passé avait toujours été contestée
et soulevée bien des oppositions. Elle a été parmi
les causes des grandes ruptures entre chrétiens dans l'histoire.
Les catholiques qui s'opposaient ouvertement à ces deux dogmes
parce qu'ils refusaient la centralisation du pouvoir dans la personne
du pape et la conception de l'Eglise qui en est à la base, n'ont
plus eu de place dans l'Eglise catholique et furent excommuniés.
Tout cela a conduit en Allemagne, en Suisse et en Autriche à la
naissance de diocèses vieux-catholiques. En Suisse, le processus
a duré de 1871 à 1876. En 1875, le synode national s'est
constitué et a approuvé la constitution de l'Eglise. En
1876, le synode a élu le premier évêque, Edouard
Herzog (1841-1924), qui avait été auparavant professeur
de théologie à Lucerne. Il a été ordonné par
l'évêque vieux-catholique allemand Reinkens, qui avait reçu
lui-même son ordination par un évêque de l'Eglise
d'Utrecht aux Pays-Bas. L'Eglise d'Utrecht a été fondée
au 7°siècle et s'est trouvée séparée
de Rome en 1723-1724 lors de l'élection puis de l'ordination d'un
nouvel archevêque d'Utrecht que le pape n'a pas voulu accepter.
C'est par l'Eglise d'Utrecht que les Eglises vieilles-catholiques détiennent
la succession apostolique.
La naissance de l'Eglise catholique-chrétienne a été soutenue
par quelques gouvernements cantonaux et a fait naître de grands
espoirs. Cependant, il s'est vite avéré qu'elle devait
rester une minorité, en partie à cause de l'ambiance mouvementée
du "Kulturkampf" dans lequel s'est inscrit le mouvement catholique
chrétien. Ce qui a probablement du retenir un bon nombre de sympathisants
d'adhérer au mouvement. Excepté dans le Fricktal argovien
et le Niederamt soleurois, les paroisses catholiques-chrétiennes
se sont formées dans les grandes villes souvent d'origine protestante
et dans celles qui se trouvaient en plein essor économique, particulièrement
là où des catholiques s'étaient ouverts à un
libéralisme politique et se défendaient contre tout ce
qu'ils ressentaient comme une mise sous tutelle de la hiérarchie
romaine.
L'opposition de l'Eglise catholique chrétienne de Suisse aux
dogmes papaux s'est également accompagnée de nombreuses
réformes (par exemple l'emploi de langue maternelle et l'introduction
d'actes de pénitence dans les liturgies, la suppression de l'obligation
du célibat pour le clergé, etc.) qui ont été réalisées
du moins partiellement dans l'Eglise catholique romaine lors du 2° concile
du Vatican (1962-1965). La participation des laïcs à la direction
de l'Eglise a été considérée comme importante
dès l'origine et s'est réalisée en particulier par
la création du synode (du mot grec "faire chemin ensemble")
auquel appartiennent les ecclésiastiques et les laïcs délégués
par les paroisses. La structure épiscopale et synodale illustre
clairement la responsabilité fondamentale de tous les baptisés
pour la vie de l’Eglise. Par-là, on a tenu compte de préoccupations
qui correspondent aux revendications actuelles de la « démocratisation
de l’Eglise ».
L'Union d'Utrecht des Eglises vieilles-catholiques
Il a fallu quelques années pour clarifier et consolider la situation
pour que les quatre Eglises mentionnées ci-dessus puissent se
reconnaître mutuellement, comme une communion, malgré leurs
origines diverses. En 1889, les évêques et leurs Eglises
ont constitué cette Union à Utrecht, d'où son nom
d'"Union d'Utrecht". Ils ont fixé les principes de base
de cette unité dans un document : la Convention d’Utrecht.
Par la suite, d’autres Eglises avec des structures à la
fois épiscopales et synodales se sont jointes à cette Union
d’Utrecht. Aujourd’hui, huit Eglises vieilles-catholiques
en font partie, celles des Pays-Bas, d’Allemagne, de Suisse, d’Autriche,
de Tchéquie, des Etats-Unis et du Canada, de Croatie et de Pologne.
L'œcuménisme au-delà de l'Union d'Utrecht
Dès son origine, les réformes engagées ont été conçues
en vue de la réunification des Eglises. Cette orientation, dans
un esprit de liberté et de fidélité, à la
foi, au service divin et à la constitution de l’Eglise ancienne,
a amené les Eglises vieilles-catholiques en formation à entretenir
des relations étroites avec les Eglises orthodoxes et anglicanes.
Les vieux-catholiques ont reconnu en elles les Eglises qui leur étaient
les plus proches dans le domaine de la théologie et avec qui elles
formaient dans un certain sens le lien entre l’Eglise catholique-romaine
et les Eglises issues de la Réforme.
Depuis 1931, une communion ecclésiale (full communion, communion
sacramentelle et des ministères) a été établie
avec les Eglises anglicanes. Un dialogue théologique intense avec
l’Eglise orthodoxe entre 1975 et 1987 a conduit à la reconnaissance
d’une base de foi commune, cependant des obstacles subsistent qui
ne permettent pas pour le moment le rétablissement de la communion
ecclésiale.
Sur le plan pratique, un travail œcuménique réunit
les paroisses catholiques-chrétiennes de Suisse avec l’Eglise
protestante et aussi depuis le 2ème Concile du Vatican avec l’Eglise
catholique-romaine. Les relations avec cette dernière ont été marquées
pendant des décennies par un dénigrement mutuel qui a fait
place aujourd’hui à un rapprochement bienveillant.
Les Eglises vieilles-catholiques, de par leur aspiration initiale,
sont membres fondateurs du Conseil œcuménique des Eglises.
Elles sont également impliquées au sein de la KEK (Conférence
Européenne des Eglises) et dans chaque pays (par exemple en Suisse
au sein de la Communauté de travail des Eglises chrétiennes).
Elles tendent à contribuer au rétablissement de l'Unité entre
chrétiens dans une mesure qui dépasse largement leur importance
numérique.
L'ECC en Suisse aujourd'hui
En Suisse, il y a près de 14’000 catholiques-chrétiens,
dont environ la moitié vivent, pour des raisons historiques, dans
les cantons d’Argovie et de Soleure. On trouve des paroisses dans
les cantons de ZH, BE, LU, BS, BL, SH, SG, NE et GE. Dans les cantons
où les Eglises sont reconnues par le droit public, les catholiques-chrétiens
sont considérés, à côté des catholiques-romains
et des réformés, comme Eglise nationale (ou Eglise reconnue).
La mobilité moderne fait qu’aujourd'hui un nombre important
de catholiques-chrétiens vivent dispersés sur tout le territoire
suisse, et sont de ce fait plus ou moins éloignés des paroisses.
L’Eglise a créé un réseau pour cette diaspora
afin d’assurer les services pour ces paroissiens disséminés
(catéchisme, cure d’âme, services divins). Cela demande
cependant des efforts importants.
Le siège de l’évêque est à Berne.
La faculté de théologie catholique-chrétienne se
trouve à l’Université de Berne. Elle ne forme pas
seulement le clergé pour la Suisse, car elle est aussi la seule
faculté vieille-catholique du monde qui a le droit de décerner
des doctorats. De nombreux étudiants issus d’autres Eglises
vieilles-catholiques et d’Eglises orthodoxes y acquièrent
des formations "post-grades" ou y préparent un doctorat.
L’Oeuvre d’entraide catholique-chrétienne « Etre
partenaires » soutient régulièrement des projets
de développement en Europe de l’Est et dans le Tiers-monde,
souvent en collaboration avec des diocèses anglicans ou l'Eglise
indépendante des Philippines.
Perspectives d'avenir
La plupart des paroisses comptent entre 300 et 500 membres. Cela permet
une vie paroissiale non anonyme dont le centre est l’eucharistie
dominicale. De plus, d'autres activités sont organisées
dans le cadre paroissial, régional et national.
De nouveaux chemins peuvent être discutés et partiellement
réalisés à différents niveaux du diocèse.
Ainsi, l’Eglise catholique-chrétienne a décidé,
après de vastes consultations au sein de l’Union d’Utrecht
et en tenant compte du dialogue théologique avec d’autres
Eglises, de confier le ministère apostolique (évêque-prêtre-diacre)
aussi bien à des femmes qu'à des hommes.
Malgré ses effectifs restreints, l'Eglise catholique-chrétienne
est une Eglise nationale (Volkskirche) : environ 20 % des membres baptisés
participent activement à la vie de l’Eglise, les autres
la soutiennent matériellement ou partagent les idées qu'elle
défend. La petite taille peut donner un sentiment de sécurité (à moins
que ça ne soit le contraire), mais il existe un risque indéniable
de repli sur soi. C'est pourquoi l’Eglise catholique-chrétienne
profite d’autant plus de l’engagement de personnes qui sont
touchées par l’Evangile et qui souhaitent vivre dans un
catholicisme ouvert tout en étant enraciné dans la tradition.
revenir en haut